Voitures et Handicap : l’enjeu de l’adaptation

06 mars 2020

Pour les personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap, le fait de pouvoir se déplacer est primordial. La mobilité et l’autonomie sont des paramètres indissociables d’une bonne qualité de vie. Mais en cas de mobilité réduite, se déplacer en toute liberté passe par l’aménagement des véhicules. Zoom sur les différentes solutions pour combiner handicap et utilisation d’une voiture.

Les différentes configurations des voitures adaptées au handicap

Le premier point consiste à savoir si le poste de pilotage doit être adapté à la personne à mobilité réduite, ou si celle-ci sera passagère. Dans le cas d’un passager en fauteuil roulant, il existe des rails ou des plateformes qui permettent de faire monter la personne dans le véhicule par la porte latérale ou le hayon. Pour un conducteur, deux solutions sont proposées : soit un transfert depuis le fauteuil roulant à un poste de pilotage adapté, soit un véhicule où le fauteuil vient s’adapter en face du volant.

  • Poste de pilotage avec fauteuil roulant :

Dans ce premier cas, l’accès se fait souvent par un système de rails ou une plateforme, situés à l’arrière du véhicule. Le conducteur rentre par le hayon et traverse la voiture avec son fauteuil pour venir se placer au volant. Un ancrage automatique en 4 points permet de fixer le fauteuil et de garantir la sécurité. Pas besoin de manutention ou de transfert : l’autonomie en déplacement est assurée sans effort, même en cas de handicap sévère. Côté désavantage : l’obligation d’enlever les sièges à l’arrière et le coût élevé des aménagements. Il faut en effet décaisser le plancher afin de l’abaisser, pour permettre au fauteuil roulant de venir se placer de façon ergonomique face aux commandes. Cependant, l’aspect du véhicule depuis l’extérieur n’est pas modifié. Les voitures utilisées pour ce type d’aménagement sont souvent des utilitaires comme la Renault Kangoo ou le Citroën Berlingo, voire des monospaces.

  • Transfert depuis le fauteuil vers le poste de pilotage

Une deuxième solution consiste à venir se placer en fauteuil près de la portière conducteur, puis d’effectuer un transfert pour s’installer au volant. En fonction du handicap, certaines personnes pourront se hisser à la force des bras, grâce à des poignées par exemple, alors que d’autres auront besoin d’une aide plus complète. Parmi les aménagements les plus courants, la tablette de transfert permet de se glisser depuis son fauteuil jusqu’au siège conducteur.

Le soulève-personne électrique va porter l’individu depuis son fauteuil jusqu’à l’intérieur du véhicule. Enfin, les sièges pivotants diminuent la distance pour passer d’un siège à l’autre. Une fois installé, l’utilisateur actionne le mécanisme grâce à une télécommande et se retrouve face au volant. Si le fauteuil est léger et facilement pliable, le conducteur pourra le faire passer au-dessus de lui et le placer sur le siège passager. Sinon, on installe un levier qui aide à plier et stocker le fauteuil à travers une porte latérale coulissante ou sur le toit. Les meilleurs systèmes permettent de ranger et de récupérer le fauteuil en moins de 30 secondes.

Les aménagements du poste de pilotage

En fonction du handicap, la conduite est modifiée et certains aménagements effectués pour permettre l’utilisation de toutes les commandes. En plus de l’homologation du véhicule, une visite médicale auprès d’un médecin-conseil de la préfecture de Police est obligatoire. Suite à celle-ci, le permis de conduire comporte certaines mentions : changement de vitesse adapté, mécanismes de freinage ou d’accélération adaptés, embrayage adapté, dispositifs de commande adaptés… Les équipementiers développent sans cesse de nouvelles aides visant à améliorer le confort de conduite et l’autonomie des personnes à mobilité réduite.

La boîte de vitesses automatique supprime deux gestes : l’action d’embrayer et le changement de vitesse. Dans le cas d’une personne paraplégique, toutes les commandes doivent se faire à la main. Plusieurs dispositifs permettent d’accélérer et de freiner. Cercle d’accélération fixé au volant, levier tirer-pousser ou encore levier de frein avec gâchette d’accélération : les solutions sont nombreuses. L’important est de choisir la plus adaptée à votre utilisation et celle qui vous apporte le plus de confort. Les personnes hémiplégiques peuvent également bénéficier d’une inversion des pédales. Une boule au volant permet de réduire les manipulations, tout comme un boîtier de commande centralisé pour les feux, les clignotants ou l’avertisseur sonore. Une direction assistée voire sur-assistée facilitera la conduite et les manœuvres.

Comment choisir sa voiture adaptée au handicap et quels financements ?

Les voitures adaptées aux personnes à mobilité réduite ont bien évolué au cours des dernières années. Il est loin le temps des petites voitures sans permis qui n’étaient même pas autorisées à rouler sur autoroute ! Aujourd’hui, une personne à mobilité réduite conduit la même voiture que tout le monde et a le choix du modèle, de la couleur et du design. Les contraintes qu’impose le rangement du fauteuil roulant orientent souvent la sélection vers un utilitaire ou un monospace, mais rien n’empêche d’acquérir une berline ou une sportive avec un système de rangement sur le toit par exemple.

La première chose à faire si vous voulez acheter une voiture adaptée au handicap est de définir précisément vos besoins. Vous souhaitez pouvoir vous installer avec votre fauteuil au poste de pilotage ? Dans ce cas, un monospace ou un utilitaire sera indispensable. Des sociétés spécialisées proposent des modèles standards particulièrement bien conçus, comme la Jeep Renegade modulable, dans laquelle vous pouvez voyager en tant que conducteur ou passager.

Si vous désirez vous installer au volant, vous devrez adapter les commandes à votre handicap. Rapprochez-vous de professionnels qui pourront vous conseiller et vous proposer des solutions sur mesure. Si un modèle de grande taille avec un plafond haut et une porte coulissante est plus facile à équiper, il est possible de concevoir votre propre projet, moyennant finance bien sûr.

Que ce soit pour l’achat d’un véhicule adapté au handicap ou la transformation d’un véhicule standard, les coûts sont souvent élevés. Renseignez-vous auprès des différents organismes pour savoir quelles aides pourraient vous accompagner dans votre accès à un véhicule. La MDPH propose jusqu’à 5000 euros renouvelables tous les 5 ans. La carte d’invalidité ou la carte mobilité inclusion donnent droit à une exonération de l’écotaxe au moment de l’immatriculation. La Prestation Compensatoire du Handicap peut aussi vous aider à financer votre véhicule. Si votre handicap résulte d’un accident et que vous aviez souscrit une assurance « dommages corporels », votre assureur doit couvrir les frais d’aménagement de votre nouvelle voiture.

À noter : si votre assurance ne peut en aucun cas vous demander de payer plus par rapport à votre handicap, elle inclut en général une surprime pour couvrir les frais liés aux réparations éventuelles de votre véhicule modifié. En ce cas, n’hésitez pas à faire jouer la concurrence.