La voiture autonome c’est pour bientôt ?

05 septembre 2019

Si la voiture autonome n’est pas encore sur la route, elle est déjà sur toutes les lèvres et plus encore à l’esprit de nombreux constructeurs. Vraies avancées, lancements repoussés, avantages et inconvénients… Chacun Sa Route ! fait le point et anticipe vos interrogations pour mieux vous projeter dans un avenir pas si lointain !

 

Autonomes nos voitures le sont déjà …un peu !

L’autonomie des véhicules se définit selon des niveaux. Dès aujourd’hui, certains véhicules atteignent un niveau 4 sans sortir d’un film de science-fiction ! Où en est votre véhicule ?

Ca existe déjà

  • Niveau 0 : C’est l’automobiliste reste maître à bord.
  • Niveau 1 : L’ordinateur peut intervenir pour gérer la vitesse ou la direction (régulateur de vitesse, alerte distance de sécurité) mais le conducteur garde le contrôle du véhicule.
  • Niveau 2 : La voiture peut “se conduire“ temporairement, en se garant tout seul par exemple (park assist). Le conducteur reste responsable de la conduite.
  • Niveau 3 : Le conducteur peut déléguer la conduite à l’ordinateur dans certaines situations comme les bouchons. La fonction embouteillage du XC 90 de Volvo illustre parfaitement ce niveau. L’ordinateur peut aussi indiquer au conducteur quand il doit reprendre le véhicule en main.

C’est pour demain

  • Niveau 4 : Plus besoin du conducteur dans certains cas prédéfinis : le véhicule dépose son conducteur, se gare seul et revient chercher son propriétaire.
  • Niveau 5 : La voiture est totalement autonome et contrôle toutes les fonctions du véhicule. Le conducteur peut être présent… ou non.

 

Moins de consommation, moins de pollution ?

Le véritable atout de la voiture autonome serait-il de s’inscrire dans le développement durable ? La régulation automatique du trafic permettrait en effet des économies d’énergie, malgré un nombre croissant de véhicules et d’automobilistes. L’éco conduite générée par les voitures autonomes supprimerait les accélérations et freinages brutaux, pour consommer et donc polluer beaucoup moins. Néanmoins, pour optimiser sa vitesse, fluidifier le trafic et réduire la pollution, la voiture autonome dépendra aussi de l’intelligence des villes, des moyens et équipements mis en œuvre. L’exemple le plus parlant ? La coordination des feux : des émetteurs dans les feux de signalisation pourraient ainsi communiquer la vitesse idéale au véhicule afin que ce dernier puisse bénéficier des feux verts sur tout son trajet !

 

Google et General Motors premiers de la classe

Centre d’essai à ciel ouvert des véhicules autonomes, la Californie abrite 62 sociétés (start-ups, industriels de l’auto et groupes tech) qui y disposent d’une licence pour réaliser leurs tests en conditions réelles. Pour bien mesurer ces tests, on parle de “désengagement“ à traduire par : un dysfonctionnement obligeant le conducteur à reprendre la main. En toute logique, moins il y a de désengagements, plus la technologie est au point ! Selon les résultats publiés par l’état californien, l’année 2018 a clairement vu se détacher Google et General Motors sur les 3,3 millions de km parcourus, avec un score de 0,09 désengagement pour 1600 km pour Waymo (Google), juste devant Cruise (General Motors) avec 0,19. Des chiffres d’autant plus impressionnants puisque ce sont eux qui ont le plus roulé l’année dernière (90% des trajets effectués). Néanmoins, Waymo ne peut pas encore crier victoire car malgré son score, le nombre d’accidents potentiels sur une flotte plus conséquente reste à déterminer. Juste derrière, 3 start-ups spécialisées dans la conduite autonome, Zoox, Nuro et Pony.AI affichent respectivement 0,5, 0,97 et 0,98 désengagement pour 1600 km.

 

Les constructeurs à la traîne !

Du côté des constructeurs automobiles, les chiffres sont assez mauvais. Le seul constructeur à rassurer un peu : Nissan et ses 4,75 désengagements pour 1600 km. Mercedes, pourtant grand innovateur enregistre 683 désengagements pour 1600 km ! Une très mauvaise performance à mettre en face de ceux pourtant peu engageants de Toyota (394), Honda (458) et BMW (219). Enfin, que dire des progrès qu’Apple doit réaliser, en affichant 9600 fois plus de reprises en main de véhicule que Waymo. Et la France dans tout ça ? Difficile à dire car Valeo et Navya, seuls français détenteurs de la fameuse licence n’ont réalisé aucun test en Californie cette année. Le cocorico attendra un peu

 

Les assurances doivent aussi évoluer !

Certains tests des premières voitures autonomes ayant parfois provoqué des sinistres, (dont certains graves), la sécurité est pour le moment très loin d’être garantie à 100% pour un véhicule 100% autonome. Comment vont fonctionner les assurances auto si le conducteur est dégagé de toute responsabilité lors d’accidents ? Comment désigner le responsable lors d’un souci technique provoquant un accident ? Du propriétaire du véhicule, au fabricant de composants, en passant par le constructeur et la société en charge de la géolocalisation, voire de la collectivité et de ses équipements… les acteurs sont très nombreux. Vous l’aurez compris,  un vrai flou juridique empêche aujourd’hui les assureurs de proposer une vraie garantie concernant un contrat auto sans conducteur ! Eux aussi vont devoir travailler pour accompagner ces révolutions de la mobilité.

 

Un avenir qui a un coût

Selon certaines estimations, la voiture totalement autonome représenterait aujourd’hui un investissement de 50 000€ supplémentaires par rapport à un véhicule “classique“. Et si la fabrication à grande échelle permettra de réduire les coûts, le chemin pour proposer un véhicule accessible à tous est encore long. Les plus optimistes visent le chiffre de 15% de voitures autonomes d’ici une dizaine années, mais de grands acteurs de l’automobile comme Carlos Tavares de PSA, rappellent que « Cela n’a pas de sens pour l’avenir de développer des voitures particulières qui seront aussi coûteuses ». De son point de vue, le groupe PSA dirigera plutôt ses investissements vers la construction de navettes autonomes et de robots-taxis.

 

Un futur pas si proche

Des robots-taxis qui appartiennent pour le moment au domaine de la science-fiction. Les accidents survenus lors des différents tests ont refroidi l’enthousiasme et on se projette désormais en 2030 pour imaginer conduire sans les mains. En revanche, si la voiture particulière autonome n’est sûrement pas pour tout de suite, certains sites comme l’Université de Lille, l’aéroport de Nantes, expérimentent déjà des navettes autonomes collectives qui évoluent sur des trajets pré définis en courte distance.

Entre la confiance en la machine, et le coût prohibitif, il va pourtant falloir du temps pour habituer les consciences à lâcher le volant … Et encore plus pour celles et eux qui sont fans de conduite et d’automobile ! Rassurez-vous, si de nombreuses marques proposent déjà des voitures de niveau 3, les niveaux 4 et 5 restent des objectifs assez lointains.

Et vous, êtes-vous plutôt pour ou contre la voiture autonome ? Venez nous en parler sur https://www.facebook.com/Norautofr/