Passer le permis sur un simulateur ou en réalité virtuelle ?

06 novembre 2019

Depuis le 22 juillet 2019, le quota dheures de conduite sur simulateur ou en réalité virtuelle lors des leçons du permis de conduire est passé de 5 à 10 heures. Cette mesure reflète la volonté du gouvernement de faire baisser le coût de la formation au permis de conduire. Mais quels en sont les avantages et les inconvénients de lapprentissage sur simulateur ?

Quest-ce quun simulateur de conduite ?

Le simulateur de conduite reproduit un véritable poste de pilotage avec tous les éléments que vous pourriez trouver dans une voiture. On retrouve bien sûr un siège, un volant et des pédales, mais également toutes les commandes annexes comme le bouton Start&Stop, les phares ou encore le frein à main. Devant vous, trois écrans affichent de véritables images de route pour une vue comprise entre 120 et 180 degrés selon les machines, afin d’élargir votre champ de vision vers la périphérie et les éléments ou dangers qui pourraient sy trouver.

Si vous choisissez de passer votre permis sur un simulateur de conduite, optez pour un modèle se rapprochant au plus près de la réalité en termes de sensations. En effet, certains simulateurs se contentent de projeter les images à la façon dun jeu vidéo tandis que dautres disposent dun volant à retour de force, permettant de sentir linertie dans les virages, et dun siège monté sur vérins qui va reproduire laccélération, le freinage, les vibrations du moteur au ralenti ou même au point de patinage. Les situations de conduite sont variées et la formation suit une évolution pédagogique entre la première séance pour un candidat novice et des situations particulières à améliorer pour un élève qui éprouve des difficultés particulières en conduite réelle.

Le simulateur de conduite est particulièrement utilisé pour l’évaluation initiale et le début de formation, car il permet au moniteur de cerner le candidat et les connaissances quil a sur le véhicule et en matière de conduite. Pour les premières leçons, lappréhension liée à la conduite sur route est supprimée, ce qui permet à l’élève de se concentrer uniquement sur les compétences mécaniques, telles que démarrer, tourner le volant, passer les vitesses ou freiner et sarrêter. Une voix type GPS accompagne le candidat dans la conduite et lui donne des indications quant aux manœuvres à effectuer, ainsi quaux erreurs quil a pu commettre. Une caméra enregistre les mouvements de tête pour vérifier que l’élève effectue bien tous les contrôles, sinon la machine le corrige. Le simulateur de conduite ne devrait en revanche pas être utilisé seul, mais avec un moniteur qui évalue et guide le candidat dans son apprentissage.

La réalité virtuelle pour apprendre à conduire

La réalité virtuelle a fait son apparition dans les années 90, avec pour but doffrir une expérience vidéo plus immersive. Les casques VR de réalité virtuelle sont placés sur le visage, englobant le nez et les yeux, et diffusent des images qui suivent le regard de lutilisateur. Ainsi, lorsque vous tournez la tête, vous voyez ce qui se passe autour de vous. Deux utilisations sont actuellement mises en place en rapport avec la conduite : couplé au simulateur pour une expérience encore plus totale, ou en traitement des phobies pour plonger lutilisateur en situation réelle et lui permettre de se confronter à ses problèmes en toute sécurité. Un usager ayant des appréhensions par rapport au fait de se déplacer en voiture ou ayant vécu une expérience traumatisante comme un accident pourra ainsi travailler sur ses peurs, accompagné dun psychologue.

Pour lapprentissage de la conduite, le casque peut être relié à un volant et des pédales, mais lexpérience sera plus complète sil est connecté avec un simulateur dont le siège et le volant reproduisent les sensations de la conduite sur route. Cette fois, lexpérience est totalement immersive puisque le conducteur peut tourner la tête dans tous les sens et vérifier en direct ce qui se passe dans son angle mort par exemple.

Avantages et inconvénients de la conduite sur simulateur ou en réalité virtuelle

Lintérêt principal de lapprentissage de la conduite sur simulateur ou en réalité virtuelle est de réduire le nombre dheures de pratique sur route nécessaires avant le passage de lexamen. Si le nombre dheures minimum est de 20 heures, la moyenne nationale se situe plutôt autour de 32 heures, 10 heures maximum pouvant être consacrées à la conduite sur simulateur.

Si vous souhaitez apprendre à conduire sur simulateur ou en réalité virtuelle, assurez-vous que le simulateur reflète les sensations de conduite et quun moniteur vous accompagne. Si vous êtes seul avec la machine, lapprentissage sera moins relié à la réalité, et votre moniteur ne pourra pas évaluer vos progrès et difficultés et vous proposer un suivi personnalisé. L’évaluation qui permet destimer votre nombre dheures peut être effectuée sur simulateur, ainsi que la prise en main du poste de pilotage. Vous serez ainsi habitué à démarrer, à tourner, à changer de vitesse et à vous arrêter lorsque vous monterez dans une vraie voiture pour la première fois. Lappréhension due aux autres usagers est supprimée et vous pouvez vous concentrer sur les aspects techniques.

Un autre avantage indéniable est la possibilité de multiplier le nombre de situations de conduite. Il serait difficile par exemple de prendre des cours de conduite de nuit, en dehors des horaires de lauto-école, ou sur neige si vous passez le permis en été. Les simulateurs et casques de réalité virtuelle vous offrent la possibilité daugmenter les difficultés en fonction de vos progrès, en densifiant la circulation ou le nombre de piétons traversant la route, par exemple. Brouillard, verglas ou fortes pluies sont dautres situations quil est important davoir expérimenté pour comprendre les techniques à mettre en œuvre si elles se présentent. La réalité virtuelle offre lavantage de vous offrir une vision à 360 degrés ; vous pourrez donc contrôler langle mort lors dun dépassement ou regarder par la vitre du hayon pour vous garer en marche arrière.

Côté inconvénients, la sensation de vitesse est très difficile à ressentir, et ladaptation du regard à la conduite ne peut se faire que sur route en situation réelle : les capacités danticipation sont beaucoup plus difficiles à développer en situations simulées. Autre inconvénient, le stress inhérent à la conduite est quasiment supprimé sur simulateur, ce qui peut donner une trop grande confiance aux élèves et réduire leur notion du danger.

Il faut donc rester prudent avec ces nouvelles techniques dapprentissage et bien garder à lesprit que rien ne peut tout à fait remplacer une vraie pratique de la route, même si les nouvelles technologies sont un atout non négligeable à la formation des conducteurs de demain. Et vous qu’en pensez-vous ? Échangez avec nous à ce sujet sur la page Facebook de Norauto.